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A l'origine de ce voyage d'un an, notre objectif était de découvrir de nouveaux pays, d'autres cultures, et les gens. Le bateau n'étant que le moyen de se mouvoir aisément sur notre vaste planète. Cette solution s'est révélée excellente : un rythme à la cool, des mouillages de rêve, les apéros entre navigateurs, le confort d'avoir son petit chez soi tout en ayant du dépaysement au quotidien, les joies de la navigation, la mer à perte de vue… Mais au final, la vie de bateau a pris un tel ascendant sur l'idée de voyage que l'on fini par avoir une vue très sommaire des pays visités. En effet, difficile de partir l'esprit tranquille en laissant le bateau à l'ancre le temps d'une incursion dans le pays. Heureusement, tout problème à une solution. Nous avons trouvé un bon abri pour Djinn III (à Mahé aux Seychelles) et Marc l'a à l'œil (un type qui travaille entre autres pour VPM). C'est le cœur léger que nous prenons notre envol pour Madagascar. Cette fois-ci, nous visitons le pays de l'intérieur, un sac sur le dos, et avec nos jambes, qu'il est temps de muscler...

 

Notre option pour cette découverte : garder le privilège du temps pour nous laisser guider. Notre direction : la cote Ouest de Madagascar en passant par les hauts plateaux. Ci-dessus, un baobab, évidemment. Avec le soleil derrière, bien entendu.

 

Il y a sur cette photo une chose qu'on voit : la précarité de l'embarcation, avec ses balanciers qui tiennent par des bouts de ficelles et sa voile faite de sacs de riz cousus. Et ce qu'on ne voit pas : la musculature impressionnante des deux pêcheurs Vezos. Les hommes de la cote ouest sont très beaux.

 

Dans les hauts plateaux, du coté d'Antsirabé. Juste à droite de la corne du zébu noir, on voit quoi ? Une rizière.

Que de gosses partout, à jouer, à rigoler, à danser ! Tous souriants et irrésistibles.

 

 

Ilakaka : la plus grande mine de saphir du monde. Tous les Malgaches peuvent venir ici et, sans préambule, creuser un trou à la recherche de la pierre précieuse. Ilakaka est devenue un vrai Far West : fortune rapide, armes, cabarets … Au début, les mineurs creusent de simples trous d'un mètre de diamètre dans le sol jusqu'au filon, 15 à 20 mètres plus bas. Ils pratiquent des galeries en suivant la veine. Puis, lorsque le sol est vraiment devenu un gruyère, la prospection devient trop dangereuse, parce que les galeries ne sont pas etayées. On ouvre donc complètement la carrière, comme ci-dessus. Pelletée après pelletée, on remonte la terre jusqu'en haut.

Les mineurs qui suivent un filon remplissent des sacs de terre, dans laquelle, potentiellement, il y a des saphirs. Les sacs sont remontés en surface, puis transportés jusqu'à la rivière Ilakaka. Là, les mineurs vident les sacs dans des tamis, puis lavent le tamis dans l'eau.

Une fois la terre lavée, restent les pierres. On enlève rapidement les gros cailloux, puis on cherche la pierre précieuse. Ce n'est pas très spectaculaire, et il faut un œil exercé pour reconnaître un saphir, lequel peut être de n'importe quelle couleur : bleu, vert, rose, blanc, noir, etc. En cas de doute, le chef du groupe vérifie la valeur d'une pierre avec une lampe spéciale. Les petits saphirs sont en général stockés dans une bouteille de Coca vide : les mineurs en trouvent une poignée par jour, mais ces saphirs sont sans grande valeur. Les gros saphirs (à partir de quatre grammes) sont plus rares, et ceux qui en trouvent ont tout intérêt à garder secrètes leur découverte.

Certains ont fait des fortune ici. Un beau saphir se vend 10 000 F le gramme. A partir de 4 grammes, le chanceux gagne en sus un VTT ; et un 4x4 si la pierre fait plus de six grammes. Les bonnes fortunes ne sont pas si rares, puisque le soir même après cette photo, nous sommes rentrés en taxi-brousse avec un mineur euphorique accompagné d'un VTT. Mais bien entendu il y a aussi toute une gamme de miséreux qui gravitent dans les environs. L'homme ci-dessus et ceux qui l'entourent cherchent des saphirs dans la matière rejetée par les "vrais" mineurs, eux-même assez miséreux d'ailleurs.

 

Un lémurien apprivoisé, grand amateur de banane.

 

 

Le célèbre maki cata, modèle du non moins fameux marsupilami.

Patrick Fernand a quelques jours, sa maman 15 ans. C'est la petite fille de Fernand, notre hôte, lui même père de 15 enfants. En effet, nous avons eu la grande chance d'être invité chez Mr Fernand, maire adjoint de Manombo, un village de deux cents familles, sur la côte ouest de Madagascar. Pendant une semaine nous avons partagé leur vie quotidienne et assisté à la fête la plus importante dans la tradition des Vézos, la circoncision. C'est un moment fort dans notre voyage, une fois de plus nous sommes sidérés par leur sens de l'hospitalité. Ils ne nous laisserons pas le choix : nous occuperons la pièce la plus confortable de cette habitation de deux pièces. Le confort est très sommaire, même dans cette maison de notable. Pas d'électricité ni d'eau courante dans le village, nous vivons donc au rythme du jour et la vie s'organise autour des puits, de l'activité agricole, de la pêche et du marché.

Le jour dit, les familles débarquent à Manombo à bord d'un taxi-brousse "spésial". L'arrivée d'un taxi-brousse est toujours un moment attendu.

 

Les femme sont très actives du matin au soir et à ce que nous avons pu observer, elles ont beaucoup d'ascendant sur les hommes.

 

C'est l'aube de la fête. Avant le lever du soleil, les pères prennent leurs enfants sur les épaules, une lance à la main, et commencent à danser et à défiler en chantant.

Les femmes leur répondent, dans le groupe d'en face.

Ils n'ont pas l'air d'être empotés, pas vrai ? Il faut dire qu'ils ne manquent pas d'amis ici, puisque la moyenne est de six enfants par femme. En plus, il y a du sable partout, du soleil tout le temps et environ une voiture par jour. C'est pas un rêve de gamin, ça ?

 

Une des filles de Monsieur Fernand, avec la coiffure de fête des Vezos.

 

Dès que la moindre note de musique, les corps dansent. A trois ans, comme à 70 ans. On n'avait jamais vu un truc pareil : en 24 heures, les musiciens se sont arrêtés une demi-heure. Et les danseurs aussi. Tout le reste de temps, c'était la transe.

Pendant la fête, un zébu est choisi et sacrifié. Les enfants qui doivent être circoncis doivent toucher le mufle du buffle en signe de force et de courage. Remarquez, il est attaché ! Pour les âmes sensibles, on ne publiera pas les photos suivantes. Toujours est-il qu'on en a mangé le soir même, avec un peu de sable en prime.

 

Et han ! A piler le maïs ou le riz. Ce sont les jeunes filles qui s'y collent en général. Le régime alimentaire est composé de riz à 90%.

Patrick et moi, on était invité à manger avec le vieux Fernand, le patriarche ; donc on mangeait à table et avant tout le monde. Les enfants et la femme de Fernand mangeaient dehors, assis sur une natte. Ambiance animée et rigolarde.

 

 

 

 

Le marché de Manombo : pas grand-chose à se mettre sous la dent, à part du riz et du manioc ! En revanche on a découvert un fruit vraiment délicieux : le cœur-de-bœuf (on en trouve à Paris aussi !).

 

 

Marché aux zébus, à Antsirabé (la foule et les zébus sont en arrière-plan). On y a été en pousse-pousse, puisque c'est le moyen de transport dans la ville. Deux francs la course pour les locaux…

 

 

Nous ne sommes pas en pirogue, mais en char à zébus, au travers d'un gué. C'est le 4x4 du pauvre.

 

Du coté d'Antsirabé, dans les montagnes donc, nous avons été interpellés, lors d'une balade en vélo, par un groupe de jeunes femmes particulièrement gaies… et dans l'eau jusqu'à la taille. Elles tamisaient l'eau avec des grands paniers en osier, pour attraper le menu fretin, qu'elles glissaient ensuite dans ce drôle de chapeau. Etonnant, non ?

 

 

Petite pose idyllique, après une bonne rando de 30 kilomètres. Pas mal, non ?

 

 

Descente en pirogue, sur la Tsiribina. Une descente de trois jours au cœur de la nature en compagnie de nos deux piroguiers locaux … et d'Evelyne une voyageuse Hollandaise. Notre volonté, rencontrer des personnalités authentiques, pour le coup on est tombé dans le tonneau.

Nos deux "acolytes…" tenaient à nous faire connaître le rhum du pays. Nous en avons observé la fabrication avec intérêt. Sur les berges, des champs de canne à sucre, un tonneau fumant où bouillonne la canne. Eh oui ! Ceci est une fabrique de rhum malgache. Bon, celui-ci n'était pas mauvais. Il attaque dur. Nous embarquons notre litron. Résultat : nos deux gars, grands amateurs, se saoulent allègrement. Dans leur délire l'un d'eux tombe au milieu de la rivière. Et nous avons le plaisir de ramer une bonne partie de la journée pendant que ces messieurs récupèrent. Nous constaterons que souvent les Malgaches n'ont pas de limite quand ils consomment de l'alcool, mais heureusement nous n'avons jamais observé d'agressivité.

 

Arrêt du soir, pendant notre descente de la Tsiribina. Comme la pluie menaçait, alors que nous devions dormir à la belle étoile, notre guide Hubert s'est invité chez un habitant dans un village complètement isolé. C'est lui qui prépare la viande, à gauche.

 

Le piroguier du bord. On était cinq dans l'embarcation, taillée dans un seul tronc d'arbre, à l'ancienne. Lourd et pas manœuvrant, mais stable et capable de flotter dans très peu d'eau.

 

Pas mal cette bande de jeunes… surtout celui du milieu… avec sa casquette…

A présent vous pourrez peut-être le croiser sur le pavé Parisien. Pour les autres petits cocos ils vous attendent à Mada…


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