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 2 septembre : Body flying à Greenwich

Ca y est, nous passons le méridien de Greenwich ! En route vers l'est. Ou plutôt le nord est, puisque nous voguons vers Minorque, la quoi ? La perle des Baléares bien sur. A bord, nous nous lançons dans un nouveau sport, baptisé par nos soins " body flying ", il suffit de s'asseoir dans la chaise de calfat, de se suspendre à une drisse, et de porter le bateau à 8 nœuds bien vent de travers et bien gîté. Une sacrée rigolade ! La première nuit est calme : l'observation des étoiles va bon train (quelle émotion, lorsque pour la première fois, on reconnaît une belle constellation : pour moi, ça a été le Cygne). La dernière nuit en revanche, à l'approche des Baléares, explose de tous cotés en éclairs tour à tour bleutés, rosés ou blancs livides. Pas de vent pourtant, et nous profitons du spectacle à l'abri de la capote et du bimini.

5 au 14 septembre : Minorque

Ca faisait un détour, mais il en valait la peine. Minorque ? Pas vraiment une destination pour des bohémiens de la grande croisière, vu le tourisme massif d'allemands, les bateaux de loc et les tarifs, mais une escale bien sympa tout de même. Et puis, nous avions un anniversaire à souhaiter, il fallait bien trouver des cadeaux dignes de Valérie, ci devant trentenaire, elle va m'arracher les cheveux quand elle va lire ça. Mademoiselle a eu le droit a une superbe robe et gilet associé, un beau pantalon, ainsi qu'à un joli T-shirt. Une vraie star. L'annif' a été accompagné d'un peu de foie gras abondamment applaudi par chacune de nos papilles, merci, et de quelques verres (…) dans une petite crique (presque) déserte.

14-17 septembre : Mahon-Malte Express

530 milles en 70 heures, voilà qui nous fait une moyenne de 7,5 nœuds, pas si mal sans spi. Il faut dire que le vent est au rendez-vous, 25 à 30 nœuds dans le cul, de quoi pousser le camion. A bord, la traversée est marquée par divers problèmes techniques. La petite voie d'eau qui nous tarabuste depuis le départ devient embêtante, avec une centaine de litres par jour à pomper. C'est le joint de l'axe de notre dérive qui fait des siennes (pour savoir d'où vient une voie d'eau, la méthode du bord est de boucher les écoulements entre les varangues) ; nous l'avons déjà refait 3 fois, mais essayez donc de coller un joint sous pression d'eau ! Secundo, nos batteries donnent des signes de faiblesse, et nous sommes obligés de faire tourner le moteur de longues heures, alors que le vent souffle. Tertio, nos feux de nav' ne marchent plus. Hum, il semble que le Djinn du bord soit de mauvaise humeur…

 

17-24 septembre : Malte experience

Valetta, nous voilà ! Pour ceux qui partent des côtes de France, Malte a un petit goût d'inconnu, telle une île perdue loin dans l'est, le tout baigné par les eaux du sud et entouré d'une aura historique indéfinissable, on sait juste qu'il s'agit de croisades, de templiers et de preux chevaliers. Confrontons donc cette vision des choses avec la réalité, puisque nous voici à la Valette, dernière étape sur la route qui nous mènera en Grèce. Certes, la Valette est une jolie ville, ses murs sont vraiment chargés d'histoire et les amateurs de belles pierres s'en donneront à cœur joie. Le reste de l'île, en revanche, est franchement sans grand intérêt. Nous en faisons le tour en 24 heures en voiture, souvent déçus, hormis à Mdina, la ville du silence, une jolie enceinte de remparts. Le seul autre endroit qui trouve charme à nos yeux est le village de Popeye, un faux village construit pour le besoin d'un film d'Altman, c'est dire ! Nous entrons dans ce village en douce, en y arrivant à la nage, puis en nous promenant l'air de rien, de fausse maison en fausse maison… en maillot de bain ! Nous profitons de cette escale pour remettre le bateau en ordre, refaire un gros avitaillement, réparer ce qui en a besoin… et embarquer des puces, que nous avons sans doute attrapées en dormant à la belle étoile sur la plage. Une vraie plaie à bord… Le 23, nous assistons à la fête nationale de Malte, ambiance nationaliste bon enfant, rien à voir avec nos nationalistes nationaux.

24-27 septembre La Valette-Grèce : Teuf-Teuf au pouvoir

La Méditerranée, quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas de vent. Pétole. Force 0. Une mer d'huile, comme on dit, l'assurance de dormir avec le ron-ron du moteur dans les oreilles, de pouvoir allumer toutes les lumières en même temps et toutes les écoutilles en navigation. Nous en profitons pour aérer les coussins du bateau, suite à l'attaque de puces dont nous avons été victimes à Malte.


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