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 Inde et Maldives

On était prévenus : en Inde, les formalités allaient être sport. C'est rien de le dire. Il est vrai que nous arrivons à Cochin avec un gros désavantage, puisque nous n'avons pas pu obtenir de visa indien à Oman, pour cause de jours fériés, complications bureaucratiques et éloignement du consulat indien. Nous savons déjà que nous ne pourrons rester que 72 heures, grosse déception, mais enfin, on pourra toujours revenir un jour en avion !


Après tout, passer un grand week end à Cochin, ca vous a un petit coté snob sympa, non ? Ou du moins, ça aurait pu ; car la bureaucratie ne l'entendait pas de cette oreille, je me demande d'ailleurs si elle entendait tout court ? Premier stade : le sourire entendu. Can you fill this form, en 4 exemplaires pour la douane, and this one, la même mais pour le port, en 3 exemplaires ; déclaration de matériel de navigation à bord, déclarations d'objets personnels, déclaration de matériel radio, ah zut j'en ai déjà mis dans la première déclaration, je le remets ou pas ? Voilà, il faut aussi que je signe le registre, ah, il y a encore un papier à remplir, avec 3 carbones, hé hé, que de papier effectivement. Deuxième stade : l'étonnement. 5 personnes et deux heures pour obtenir un tampon, pfff, 7 bureaux, des piles de papier, des colonnes de piles et des empilements de registres. A lui tout seul le gars de l'immigration a rempli trois registres à l'identique, c'est Brazil. Troisième stade : l'irritation. Rester calme et courtois, je veux bien, mais sur 3 jours de visa, ça fait déjà un jour de passé en paperasserie. Avec le papier des douanes, je dois recevoir la facture du port, que je dois déposer chez le comptable (autre bâtiment), avant de passer à la caisse (autre étage), où le caissier me signe un reçu, que je dois rapporter aux douanes puis au port. Bien entendu, ce n'est pas grave si j'attends une heure à chaque fois, les indiens ont le temps, c'est bien connu, je crois même qu'ils ont le nôtre. Quatrième stade : la résignation. Je pensais avoir tout fini, hein ? Il me faut encore une autorisation pour changer de mouillage, à obtenir auprès du bureau 426, pour cela il faut que j'aille rechercher les papiers à la douane… Ubuesque. Nous trouvons tout de même le temps de visiter Cochin, en touc-touc, le taxi à trois roues local.
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5 avril-30 avril : Maldives

Enfin, fini les côtes, les villes et les ports, à nous les îles et les mouillages. Lucien nous a rejoint à Cochin, et c'est ensemble que nous abordons notre première île des Maldives : Uligamu. La découverte est charmante. Mer bleue, lagon vert, sable de corail blanc, cocotiers : l'iconographie de l'île tropicale est rigoureusement respectée, ce n'est pas un attrait mineur même si toutes les publicitaires du monde ont abusé de ce paysage. En fait, ce qui est joli, surtout, c'est de découvrir, derrière cette carte postale vivante, une population authentiquement îlienne. Et oui, il n'y a pas ici que des hôtels avec créatures de rêve alanguies sur des troncs de cocotiers compatissants. Il y a les Maldiviens, des gens timides, très calmes, souriants, vivant une vie simple, dans des maisons en pierre de corail, à l'ombre des cocotiers. Certains jeunes avec qui nous avons parlé n'avaient jamais vu un étranger ! A Maroshi, l'arrivée de Djinn III dans le port a été un véritable évènement, toute la population de l'île est venue observer le voilier français, en gardant timidement ses distances, hormis les enfants qui se sont faits une joie de plonger de Djinn III. Chaque île vit sa vie, en famille, loin des frasques occidentales des "resorts" et hôtels qui truffent les atolls autour de Malé.

Malé, la capitale, n'a en revanche rien d'intéressant. Ville moderne, où la moitié de la population des Maldives s'entasse dans quelques kilomètres carré. Nous y relâchons cependant pendant 10 jours, le temps de faire un petit stage de plongée (bien mérité, non ?). Mohamed, qui venait aux Maldives pour trouver du travail, nous quitte ici. Fidèle à sa réputation, il s'est fait des amitiés Maldiviennes en quelques jours et devrait ouvrir une agence de plongée en compagnie d'un autochtone.


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